Catégorie : Suisse

«Ruag International doit devenir aussi agile qu’une start-up»

Le spécialiste suisse de l’armement Ruag s’est mué ces dernières années en un véritable groupe technologique globalisé. Son nouveau directeur, André Wall, veut désormais changer la culture d’entreprise de ce mastodonte en mains publiques. Entretien. Des sites de production dans 14 pays, 6000 collaborateurs et collaboratrices, dont environ deux tiers à l’étranger, des activités dans le domaine de l’aérospatial ou de la formation des pilotes civils: Ruag International, la plus grande entreprise d’armement suisse, a largement diversifié ses activités au cours des deux dernières décennies. Pourtant, malgré sa scission récente d’avec Ruag MRO Suisse, qui travaille principalement au service de l’armée helvétique, Ruag International est toujours détenue par la Confédération. Les volontés du gouvernement de vendre une partie substantielle des activités de l’entreprise se heurtent à des résistances au Parlement. Pas de quoi freiner les ambitions d’André Wall, le nouveau directeur…

Le Grec Kapodistrias, libérateur du joug ottoman (et bernois)

Alors qu’Athènes célèbre les 200 ans de la lutte pour la libération de la Grèce du joug ottoman, Lausanne honore sa principale figure: Ioannis Kapodistrias. Ancien ambassadeur suisse, Lorenzo Amberg explique pourquoi. Célébré comme père de l’indépendance en Grèce à l’occasion du déclenchement de la guerre de libération du pays balkanique il y a 200 ans, le comte Jean Antoine de Capo d’Istria (Ioannis Kapodistrias dans sa dénomination actuelle) fut auparavant un grand diplomate de la Russie, durant le règne d’Alexandre 1er . Une fonction qui l’amena à s’impliquer fortement en faveur de la souveraineté helvétique. La Confédération suisse lui doit sa première constitution, la reconnaissance internationale de sa neutralité et de ses frontières inchangées jusqu’à ce jour. Pourtant, il reste largement inconnu dans ce pays. Certes, les cantons de Genève et de Vaud ont fait de Kapodistrias leur citoyen d’honneur et Lausanne vient d’inaugurer l’Allée Ioannis-Kapodistrias à Ouchy. Mais…

La Suisse tâtonne en matière d’indépendance politique des juges

L’initiative sur la justice veut mettre le système de désignation des juges fédéraux cul par-dessus tête. Si dans les urnes, son avenir reste incertain, le texte lancé par le multimillionnaire Adrian Gasser pave déjà la voie à certaines évolutions. La Suisse ne veut pas bousculer son système judiciaire. Ses politiciens, du moins. Conseil fédéral et Conseil national, puis Conseil des États en dernier lieu, se sont prononcés contre l’Initiative sur la justice. Le dernier mot reviendra à la population puisque le texte sera soumis aux urnes. Tout le monde s’accorde à dire que cette initiative soulève des questions légitimes. Mais lors des débats parlementaires, les partis ont tous estimé que si le système n’est pas parfait, il fonctionne bien. Subsiste pourtant un potentiel d’optimisation. Ce que veut l’initiative Son but est de dépolitiser la justice. Les juges fédéraux ne devraient pouvoir être élus qu’en fonction de leurs qualifications (et non de leur appartenance à un parti)…

Vaccin pour les pays pauvres: la Suisse solidaire, mais pas trop

La Suisse veut bien distribuer les vaccins anti-Covid qu’elle n’utilisera pas aux pays qui en manquent, mais pas question de toucher aux brevets des pharmas, qui bloquent actuellement la production locale. À une courte majorité, le Parlement vient de le confirmer. 90 voix pour, 94 contre, suivant une ligne de partage qui recouvre presque parfaitement le clivage gauche-droite. Ce mercredi 16 juin, le Conseil national (Chambre basse) a refusé la motion de sa Commission de politique extérieure, qui demandait l’adhésion de la Suisse à l’appel de l’OMS à la solidarité mondiale dans la lutte contre la Covid-19. «Cette motion demande à la Suisse de s’engager pour défendre un compromis sur la question des licences obligatoires», a dit le conseiller fédéral en charge de la Santé Alain Berset, qui bien que socialiste, défendait comme il se doit la position du collège gouvernemental. Sans surprise, le Conseil fédéral réitère son refus d’affaiblir la protection par les brevets. La doctrine…

À Genève, la cyberguerre plutôt que le risque nucléaire

Fermes et constructifs, selon leurs médias respectifs, Joe Biden et Vladimir Poutine ont convenu de leurs désaccords et rétabli un canal direct de discussions. S’il tient ses promesses, le sommet de Genève pourrait être le prélude de négociations sur les cyberattaques pour les cadrer, comme l’usage des bombes atomiques durant la Guerre froide. Revue de presse. C’est sur le risque de «destruction mutuelle assurée» par l’arme atomique que s’est construit l’équilibre entre les superpuissances. Et c’est à Genève que Reagan et Gorbatchev ont enclenché une désescalade des arsenaux nucléaires. Et ce 16 juin? «C’est sans doute ce que les deux hommes, qui ne se sont pas ménagés par le passé, pouvaient espérer de mieux: une rencontre où l’on met tout ce qui fâche sur la table, mais en se respectant, sans postures ou éclats de voix», relève Pierre Haski dans sa chronique géopolitique sur France Inter, qualifiant le sommet Biden-Poutine de «mésentente cordiale à Genève». À l’instar d’autres…

Coulisses diplomatiques: les pourparlers USA-Syrie à Genève

S’étalant sur plusieurs décennies, les rencontres à Genève entre les présidents américains et le président syrien Hafez el-Assad ont fait naître des espoirs de paix au Proche-Orient. A la fin des années 1960, la situation au Moyen-Orient est tendue. Israël et les États arabes sont en guerre. La Syrie s’oppose à Israël pour les territoires occupés du plateau du Golan. Les Etats-Unis espèrent stabiliser la région en renforçant les liens avec les nations arabes. C’est à Genève que les présidents Hafez al-Assad et Jimmy Carter se rencontrent en 1977 pour des négociations de paix. Les pourparlers n’aboutissent pas. En 1990, le président George H. W. Bush rencontre à nouveau Assad à Genève. Le contexte est tendu, et quelques semaines plus tard, les Etats-Unis attaquent l’Irak, soutenus par les troupes syriennes qui ont rejoint la coalition internationale. Deux autres rencontres suivent à Genève en 1994 et 2000. Lors du dernier sommet avec Bill Clinton, Hafez al-Assad laisse…

Rencontre Poutine-Biden: Genève joue ses atouts

Pour Genève et la Suisse, la rencontre au sommet entre Vladimir Poutine et Joe Biden est une marque de confiance. Et pour la «Genève internationale», c’est la réanimation après la paralysie due à la pandémie. Il n’y a rien à redire; c’est bel et bien un coup de maître: le fait que les présidents russe et américains se rencontrent à Genève constitue l’une des plus grandes réussites diplomatiques du gouvernement suisse ces dernières années. Sur le plan de la politique intérieure, cependant, il n’a pu l’exploiter que de manière limitée, car un jour plus tard, ce même gouvernement annonçait la mort de l’accord-cadre institutionnel avec l’UE – l’un des plus grands naufrages de politique étrangère depuis la fin de la Guerre froide. Mais aujourd’hui, c’est l’événement historique majeur qui domine. La Suisse est au centre de l’attention internationale, comme le montre cet article de la chaîne américaine CBS. Le moment est propice: en Europe et en Amérique du Nord, les mesures…

Sommets États-Unis-Russie: de fortes tensions, des résultats mitigés

Comme les deux précédentes rencontres entre les dirigeants américains et soviétiques à Genève en 1955 et 1985, le sommet entre Joe Biden et Vladimir Poutine pourrait simplement servir à maintenir la fenêtre de dialogue ouverte: laisser une chance à la diplomatie. Le sommet Biden/Poutine qui se tiendra mercredi à Genève entend «restaurer la prévisibilité et la stabilité entre les États-Unis et la Russie», indique la Maison Blanche, alors que les tensions entre les deux pays s’élèvent à un niveau jamais vu depuis la Guerre froide, selon les experts. L’ingérence russe dans les élections américaines de 2016, les cyberattaques telles que le piratage de l’entreprise SolarWinds l’an dernier aux Etats-Unis et l’emprisonnement d’opposants par les autorités russes ont creusé les divisions. Mais c’est la sécurité européenne, plus urgente encore, qui sera au centre des discussions. L’annexion de la Crimée par la Russie en 2014 a envenimé les relations du pays avec l’Occident. Le renforcement…

Votation du 13 juin: la journée des extrêmes

Que s’est-il passé en Suisse dimanche dernier? Ce qui est remarquable, c’est la forte mobilisation et le profond fossé entre les villes et les campagnes. Pour l’analyste politique Claude Longchamp, il est également clair qu’à la suite de la pandémie de Covid-19, la Suisse vote un peu plus à droite. 59,7 %! C’est le taux de participation aux votations du 13 juin. Quiconque comprend le fonctionnement de la démocratie directe en Suisse sait que ce chiffre est considérable. C’est le cinquième taux de participation le plus élevé jamais enregistré. Par ordre décroissant, les votations qui recensent les participations les plus élevées sont: l’adhésion à l’EEE en 1992, la «surpopulation étrangère» en 1974, l’abolition de l’armée et les limitations de vitesse sur les routes suisses en 1989 et enfin celle «pour le renvoi effectif des étrangers criminels (initiative de mise en œuvre)» en 2016. « Le taux de participation n’a guère surpris les experts, qui sont conscients du fait que la crise…