Catégorie : Suisse

Le vote sur l’EEE, un scrutin qui reste dans les mémoires

Peu de débats ont creusé des fossés aussi profonds à travers la Suisse que celui sur l’adhésion à l’Espace économique européen (EEE). Trois personnalités qui ont dit «oui» à l’époque se souviennent de ce moment charnière de l’histoire suisse moderne. Au début des années 1990, l’atmosphère de renouveau européen s’est emparée de certains conservateurs bon teint, même en Suisse. Ainsi, le 1er août 1991, le président du Conseil national de l’époque, Ulrich Bremi, un libéral-radical proche des milieux économiques, déclarait sur la prairie du Grütli, le lieu mythique de la fondation de la Suisse: «Vous, chères Suissesses et chers Suisses, regardez aujourd’hui le Grütli parce que vous voulez savoir où nous allons. La réponse ne peut être que la suivante: vers l’Europe». Mais, comme on l’a vite constaté, tout le monde n’était pas de cet avis: le débat autour de la votation sur l’adhésion de la Suisse à l’EEE a rendu les nouvelles lignes de fracture perceptibles – et les a même approfondies.

«L’EEE a été la votation la plus passionnante de ma vie»

Lors du débat sur l’adhésion à l’Espace économique européen, Claude Longchamp est devenu le politologue le plus demandé de Suisse. L’expert analyse comment cette campagne historique a polarisé la vie politique helvétique, de 1992 jusqu’à présent. Il confie avoir failli émigrer en France suite au non. swissinfo.ch: Peut-on considérer le combat qui a accompagné le scrutin sur l’adhésion de la Suisse à l’Espace économique européen, l’EEE, comme une campagne de votation ordinaire? Claude Longchamp: Absolument pas. En 1992, la durée de la campagne, son intensité et sa polarisation ont été extraordinaires. Aucune autre n’a été aussi conflictuelle, si ce n’est, peut-être, celle de la deuxième votation sur la loi Covid-19, en 2021. Lors de la campagne sur l’EEE, les opposantes et opposants ont protesté contre le projet avec des cloches, comme l’on fait les adversaires de la loi Covid. En 2021, le débat émotionnel, l’agressivité et la violence latente ont fait écho à la votation d’il y a…

Les besoins humanitaires record poussent le système d’aide onusien à ses limites

L’ONU s’attend à ce que les besoins humanitaires explosent l’année prochaine. Elle est cependant confrontée à un déficit de financement croissant qui compromet sa capacité à répondre à des crises sans précédent. En 2022, les sécheresses et inondations extrêmes, la guerre en Ukraine, la pandémie et de nouvelles épidémies ont provoqué la faim et des déplacements massifs, et ont poussé des millions de personnes dans le monde dans une situation désespérée. Dans son rapport annuel des besoins humanitaires projetés, publié jeudi, l’ONU estime qu’elle aura besoin d’un montant record de 51,5 milliards de dollars en 2023, pour répondre aux énormes besoins humanitaires anticipés. Une augmentation de 10,5 milliards de dollars par rapport aux projections de l’année dernière pour 2022. «C’est une somme phénoménale et c’est une somme déprimante», a déclaré le chef du Bureau de coordination des affaires humanitaires des Nations unies, Martin Griffiths, à un groupe de journalistes lors d’une…

Les barrages font le plein en misant sur une flambée du prix de l’électricité

Le remplissage des lacs de barrages s’est accru ces dernières semaines, a constaté la RTS dans les données de la Confédération. Les exploitants font des réserves en vue d’une augmentation des prix de l’électricité début 2023. En automne, le niveau des bassins d’accumulation diminue. Mais, cette année, il a au contraire augmenté. Et ce n’est pas un hasard. Les barrages font des réserves face au risque de crise de l’électricité cet hiver. Bas après un hiver pauvre en neige, le remplissage des lacs d’accumulation est passé d’environ 7000 GWh début septembre à 7585 GWh le 28 novembre. Il atteint ainsi 85,4% de la capacité maximale, d’après les données publiées jeudi par l’Office fédéral de l’énergie (OFEN). Avec 10,7 points de plus que le niveau moyen enregistré entre 2000 et 2021, les lacs d’accumulation retiennent en ce moment environ 900 GWh de plus qu’habituellement. Cette différence pourrait compenser trois semaines d’importations d’électricité cet hiver. Le remplissage…

Adaptation des prix pour les programmes de la SSR par satellite

L’année prochaine, la SSR augmentera les frais pour les cartes d’accès par satellite. 3600 Suisses vivant à l’étranger sont concerné-e-s. Les programmes TV de la SSR sont diffusés sous forme cryptée, car les droits de nombreuses émissions ne sont valables que pour la Suisse – notamment les productions étrangères et le sport. Les personnes qui reçoivent les programmes de la SSR directement par satellite doivent donc les décrypter. Cela se fait à l’aide de la carte d’accès par satellite. Les utilisateurs sont principalement en Europe Avec une telle carte, les Suisses de l’étranger peuvent recevoir les programmes de la SSR sur pratiquement tout le territoire européen. Actuellement, on compte environ 3600 Suisses de l’étranger parmi les utilisateurs. À quelques exceptions près, ils se répartissent entre l’Allemagne, l’Italie, l’Espagne, la France, le Portugal et la Grèce. «Sans une évaluation à grande échelle, nous ne pouvons pas déterminer clairement où se trouve exactement le plus…

Comment l’UDC s’est bâtie sur le socle du non à l’EEE

Il y a 30 ans, le refus de l’adhésion à l’Espace économique européen (EEE) marquait le début de l’ascension de l’Union démocratique du centre (UDC / droite conservatrice) au rang de plus grand parti politique de Suisse. Le souvenir de ce premier succès reste central dans l’identité du parti de droite nationaliste. En 1992, tout était encore en ordre, affirme l’homme qui parle sur scène. «La Suisse comptait six millions d’habitants. La pénurie d’électricité était un problème inconnu. Manger végétarien n’avait rien de fondamentaliste, c’était simplement se nourrir de plats sans viande comme la raclette, les Älplermagronen ou une croûte au fromage.» Applaudissements. Le discours du président cantonal bâlois de l’UDC Dominik Straumann fait mouche. Dans la salle polyvalente de Pratteln (BL), l’assistance mange du fromage d’Italie et de la salade de pommes de terre. «Moins de bouchons», «Moins d’impôts», «Plus de CH!», peut-on lire en lettres capitales sur les affiches. Quelque 200…

La politique étrangère de la Suisse sert toujours plus ses intérêts personnels

Il y a quelques années, la diplomatie suisse était très altruiste. Mais elle a bien évolué et ses intérêts propres priment de plus en plus. Voici six raisons qui expliquent cette évolution. Il y a vingt ans, un représentant d’economiesuisse, l’organisation faîtière de l’économie, s’était énervé du peu de réalisme de la diplomatie helvétique. Jusqu’à la comparer à celle d’une organisation non gouvernementale (ONG). «La Suisse voulait alors sauver le monde», résume Yvette Estermann, députée lucernoise au Conseil national (chambre basse du parlement). «Nous pensions que ce pays, a priori riche, devait être solidaire avec le monde», explique l’élue de l’Union démocratique du centre (UDC/droite conservatrice). Digne d’une ONG, cet élan d’altruisme était-il vraiment sincère ou la Suisse avançait-elle en partie masquée pour préserver ses intérêts? Le temps a fait son œuvre et les intérêts de la Suisse, qu’ils soient financiers ou autres, ont gagné en visibilité au cœur de la…

Politique étrangère suisse: la fin des privilèges

Neutralité et solutions spéciales ont permis à la Suisse, pendant de nombreuses années, d’accroître discrètement sa prospérité. Mais aujourd’hui, le vent international a tourné. Alors que les États-Unis, le Japon et la Communauté européenne (CE) ont tenté, en 1986, de mettre le régime de l’apartheid à genoux par des sanctions économiques, la Suisse neutre a poursuivi son commerce avec l’Afrique du Sud. À partir de 2007, lorsque l’ONU et les États-Unis ont cherché à empêcher le régime des mollahs iraniens de fabriquer une arme nucléaire en imposant des sanctions et un embargo sur les armes, Berne a développé ses relations commerciales avec ce pays. Et, tandis que la Suisse s’est engagée pour plus de démocratie et d’État de droit dans les pays du Sud par le biais de la coopération au développement, des despotes ont continué de déposer leurs fonds sur des comptes bancaires helvétiques. Avec ses bons offices, sa tradition humanitaire, sa neutralité et la Genève internationale, le pays…

La guerre en Ukraine contribue au sous-financement d’autres crises

Début décembre, l’ONU va lancer son appel humanitaire pour 2023, un appel à l’attention des donateurs et donatrices qui s’annonce record. Cette année, l’écart entre les besoins et les fonds reçus s’est creusé pour la plupart des agences onusiennes. La guerre en Ukraine est l’un des facteurs qui alimentent le sous-financement, mais pas le seul. Le HCR, l’Agence des Nations unies pour les réfugiés, affirme qu’il est confronté cette année à un déficit de financement sans précédent, en particulier pour les crises prolongées, qui touchent une part importante des personnes que l’organisation aide. Il ajoute avoir déjà dû réduire ses services aux personnes réfugiées ou déplacées à l’intérieur de leur propre pays (PDI). Dans son «rapport sur le sous-financement» publié en septembre, l’agence a mis en évidence 12 pays où ses opérations ne sont même pas couvertes à 50%. Fin octobre, elle a lancé un nouvel appel aux dons, précisant qu’elle avait besoin d’au moins 700 millions de dollars (693…

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