Catégorie : Suisse

Une app suisse sur les traces de Clubhouse

Lorsque le média social Clubhouse a franchi la grande muraille numérique chinoise, en début d’année, une application suisse de salle de réunion audio se préparait à faire sa propre entrée dans un espace de plus en plus concurrentiel. En février dernier, Clubhouse a fait les gros titres dans le monde entier lorsqu’elle a échappé à la censure chinoise, permettant à des gens de discuter librement de tout sujet de leur choix – pendant quelques jours, avant d’être fermée. Cette aventure chinoise aurait alors permis à l’application de discussion audio de gagner des millions d’utilisateurs hors de Chine. Toute cette agitation n’a pas échappé aux créateurs d’une application suisse concurrente, Angle, lancée le 30 mars. Mais son cofondateur Matthias Strodtkoetter assure en avoir eu l’idée indépendamment de cela, avant même de connaître Clubhouse. Chercheur en informatique quantique à l’Université de Tokyo en 2016, Matthias Strodtkoetter était frustré de ne pas pouvoir trouver un endroit…

«Le tourisme suisse pourrait profiter de la crise»

Le Suisse David Ruetz dirige le Salon international du tourisme de Berlin depuis 2003. Il s’agit du plus grand rassemblement mondial de l’industrie, qui permet de prendre le pouls de l’industrie du tourisme fortement impactée par la crise de la Covid-19. Interview. La pandémie a vidé les hôtels, les plages ou les centres-villes de leurs touristes. Après des années de croissance, l’industrie du voyage a subi un coup d’arrêt brutal. Les fournisseurs regardent toutefois vers l’avenir et développent de nouveaux concepts, affirme David Ruetz, directeur de l’ITB de Berlin, le plus grand salon du tourisme au monde. L’expert de la branche est convaincu que la Suisse profitera de l’essor attendu, car la demande de vacances dans la nature et en plein air a augmenté pendant la pause forcée. En outre, la sécurité devient un critère important pour choisir une destination. Âgé de 51 ans, le directeur de l’ITB est également l’auteur de plusieurs ouvrages sur les tendances touristiques et donne…

«La Suisse n’était plus la meilleure option pour nous»

Qu’est-ce que la patrie? Est-ce l’endroit où l’on est né, ou le pays qui offre une meilleure qualité de vie? À 85 ans, Thomas W. Voute a passé la majeure partie de sa vie aux États-Unis. Un crochet de quelques années en Suisse lui a toutefois fait prendre conscience de l’écart qui peut exister entre souvenirs et réalité. «Pour passer le contrôle technique en Suisse, il faut astiquer sa voiture dans tous les recoins et pratiquement la refaire à neuf», se désole Thomas Voute quand il repense aux quatre années qu’il a passées en Suisse au début des années 1990. Un criant retour à une réalité helvétique que ce Valaisan avait sans doute un peu oublié depuis son expatriation aux États-Unis quelque 30 ans auparavant. Né en 1936, Thomas Voute grandit à Crans-Montana. «On était bilingues, mais à la maison on parlait le suisse-allemand.» Il passe par la case pensionnat à Schiers (canton des Grisons) puis celle de l’apprentissage d’employé de commerce à Bâle. «La seule chose que j’aie faite…

Napoléon: un bicentenaire pas vraiment dans l’air du temps

La France s’apprête à célébrer le bicentenaire de la mort de Napoléon Bonaparte (5 mai), mais les célébrations autour de l’un des personnages les plus célèbres au monde font grincer quelques dents. Comme pour d’autres personnages historiques récemment critiqués et déboulonnés de leur piédestal, certaines des ses actions font polémique. Décryptage avec un historien spécialiste de la Révolution française et des relations franco-suisses. La charge peut-être la plus virulente contre les commémorations nous vient des États-Unis. Dans une opinion publiée dans le New York Times, une universitaire américaine d’origine haïtienne estime que «Napoléon n’est pas un héros à célébrer». Marlene L. Daut y décrit notamment Napoléon comme «le plus grand tyran de France», un «architecte des génocides modernes», «un belliciste raciste et génocidaire» ou encore une «icône de la suprématie blanche». Elle lui reproche en particulier d’avoir rétabli l’esclavage dans les Caraïbes françaises. En France…

L’action climatique de la Suisse se décide dans les urnes

Le peuple suisse est appelé à se prononcer sur l’un des piliers de la politique climatique nationale. Le 13 juin, les citoyens voteront sur la nouvelle loi visant la réduction des émissions de CO2, un texte qui divise aussi bien le monde des affaires que le mouvement climatique. Une crise ne doit pas en éclipser une autre. C’est l’avertissement lancé par des associations, des politiciens et des jeunes du monde entier, pour qui la situation liée au coronavirus ne doit pas détourner l’attention d’une crise dont les répercussions pourraient être encore plus graves et durables: le dérèglement climatique. Après une baisse en 2020, encouragée par le ralentissement de l’activité économique, les émissions mondiales de gaz à effet de serre sont reparties à la hausse. L’objectif de maintenir le réchauffement bien en deçà de 2°C semble de plus en plus éloigné, à moins d’un revirement rapide et décisif. En Suisse, ce changement se décidera dans les urnes: le 13 juin, le peuple se prononcera…

La Chine pose un dilemme à l’industrie des machines textiles suisse

Face aux accusations de travail forcé dans la chaîne du vêtement au Xingjiang, les liens et la dépendance des fabricants suisses de machines textiles vis-à-vis de la Chine posent d’épineuses questions. En 2014, année de l’entrée en vigueur de l’accord de libre-échange entre la Suisse et la Chine, un groupe de membres de l’industrie ont visité des égreneuses de coton et des filatures au Xinjiang (ouest de la Chine). Un représentant de l’entreprise suisse Uster Technologies se trouvait parmi eux. Le voyage comprenait une visite avec le commandant adjoint de Xinjiang Construction and Production Corps, aussi connu sous le nom de XPCC. Au cours des années qui ont suivi, l’industrie des machines textiles helvétique a tiré profit de l’expansion de la production textile au Xinjiang. Les données douanières montrent qu’en 2017, la Suisse était le principal exportateur de composants pour machines à tricoter vers le Xinjiang. C’était deux ans avant que soient publiés les «China Cables»…

Nestlé réduit ses bons alimentaires dans un Brésil sinistré

Nestlé fête ses 100 ans au Brésil. Un anniversaire terni par la décision de sa filiale brésilienne de réduire de moitié les bons alimentaires versés aux employés d’une partie de ses usines. Un scandale pour les syndicats, alors que le pays connaît une hausse des prix de la nourriture engendrée par la pandémie. Après un siècle d’activité au Brésil – le cinquième plus grand marché de Nestlé avec 2,79 milliards de francs suisses de ventes en 2020 – le géant de l’agroalimentaire fait face au mécontentement des syndicats du pays. Dans sa chocolaterie de Vila Velha (l’une de ses 31 unités brésiliennes), dans l’État d’Espírito Santo (sud-est), l’entreprise prévoit de réduire de moitié la valeur des bons d’alimentation distribués aux salariés – de 680 BRL (115 CHF) à 350 BRL (59 CHF) – après avoir réduit la part des bénéfices reversée aux travailleurs. L’usine produit des chocolats Garoto – une marque populaire acquise par Nestlé en 2001 qui a permis au géant alimentaire suisse de…

Des parrains suisses pour les manifestants birmans

Des personnalités suisses donnent leur nom pour protéger les personnes qui manifestent pacifiquement contre la junte militaire. A Berne, des parlementaires questionnent les éventuelles relations d’entreprises suisses avec les conglomérats contrôlés par l’armée birmane. «Les protestations ne sont pas aussi fortes qu’il y a quelques semaines. C’est en raison de la répression brutale des forces de sécurité qui a déjà fait plus de 550 morts. La plupart des gens ont désormais peur de manifester, en particulier à Rangoun. Il y a des indics dans les communautés qui informent la police dès que des gens se rassemblent, mais il est très difficile de savoir qui ils sont», déclare à swissinfo.ch Aje [prénom d’emprunt], jointe au fin fond de la jungle birmane par l’intermédiaire d’Elisabeth Decrey. Ancienne parlementaire genevoise, très active dans plusieurs centres et associations humanitaires, Elisabeth Decrey s’est lancé un énième défi: exhorter des personnalités suisses à manifester…

L’âme tourmentée de David Lynch exposée à Olten

Les initiateurs du Festival International de la Photo d’Olten inaugurent un musée de la photographie avec une nouvelle exposition du cinéaste américain David Lynch. Une première européenne et un coup de maître. Un couple de personnes âgées frappe à la porte verrouillée du nouveau musée situé dans la vieille ville d’Olten, un centre industriel entre Bâle et Zurich. Mais c’est bientôt midi et le musée est fermé. Le couple s’est déplacé exprès depuis Winterthour. Remo Buess, le codirecteur du lieu, les laisse quand même entrer. Il les conduit à l’intérieur en lâchant cet avertissement: l’exposition est plutôt difficile et exigeante. En effet. La visite sur les trois étages et les nombreuses salles du nouveau musée tient du voyage en train fantôme. Le titre de l’exposition Infinite Deep le dit. Lynch nous entraîne dans la profondeur infinie de l’âme. Quiconque connaît les films mélancoliques, lugubres et parfois dérangeants de Lynch – Elephant Man, Erasurehead, Blue Velvet…

La société suisse de Martin Shkreli attaquée en justice

L’homme le plus détesté des États-Unis, sous le feu des critiques pour avoir augmenté de près de 6000% le prix de son médicament phare, affronte plusieurs procédures judiciaires. Et sa compagnie suisse Phoenixus AG est en première ligne. La prison n’aura pas muselé l’homme le plus détesté des États-Unis. Martin Shkreli est connu pour avoir augmenté le prix du Daraprim, un médicament contre la toxoplasmose, de 13 dollars à 750 dollars le comprimé. Mais c’est pour fraude avec son entreprise Retrophin, qu’il a finalement été condamné en 2018 à 7 ans de prison. En mai 2020, en pleine pandémie, le financier réclame sans plaisanter une sortie conditionnelle afin de développer un traitement contre le covid19 – la justice le lui refusera, rappelant à juste titre qu’il n’a aucun diplôme scientifique ou médical. Mais les ennuis ne sont pas terminés pour Martin Shkreli, qui avait aussi fondé la biotech suisse Phoenixus AG, basée à Baar, et sa filiale Vyera Pharmaceuticals LLC, au Delaware.