Catégorie : Suisse

Le son de la Suisse

Quel son émet la Suisse? Ou plutôt, quel son émet le sol suisse? Si l’on y prête une oreille très attentive, on découvre que le sol abrite un orchestre d’ordinaire inaudible, composé d’une multitude de voix. Le monde sous nos pieds est loin d’être silencieux. Et quand il l’est, il y a lieu de s’inquiéter. Des scientifiques tentent à présent de mieux comprendre cet univers sonore souterrain. Notre petite expédition a pour origine une affirmation simple: notre patrie est l’endroit où nous avons nos racines. Mais que se passe-t-il si nous collons nos oreilles contre le sol: nos racines, notre sol émettent-il un son? Pour découvrir le «son de la Suisse», le son de la terre suisse, nous nous sommes tout d’abord rendus dans un jardin familial de la banlieue bernoise. Équipés d’un bon casque audio, d’un microphone hypersensible, d’un appareil capable d’enregistrer les sons souterrains… et d’une bonne dose de curiosité. Insertion d’un microphone ultrafin dans la terre. Il amplifie les…

La Suisse et les États-Unis, des républiques sœurs

À première vue, les États-Unis et la Suisse semblent être des pays bien différents. Cela est étonnant si l’on se penche sur leur passé commun: les deux États ont en effet des systèmes politiques très voisins. swissinfo.ch publie régulièrement d’autres articles tirés du blog du Musée national suisse consacré à des sujets historiques. Ces articles sont toujours disponibles en allemand et généralement aussi en français et en anglais. Les mondes politiques, économiques et culturels des deux côtés de l’Atlantique entretiennent des liens privilégiés depuis que la Confédération suisse est devenue une fédération d’États souverains en 1648 et que la Grande-Bretagne a établi ses colonies sur la côte Est de l’Amérique du Nord. Si l’on examine ces relations à la lumière d’approches philosophiques et constitutionnelles spécifiques, du XVIIe siècle à nos jours, on peut détecter un «système circulatoire atlantique des conceptions de l’État moderne». Ce concept a été forgé par le célèbre…

Rencontre avec les accompagnants à la mort en Suisse

En Suisse, l’accompagnement au suicide est une profession. Chez EXIT, la plus grande organisation d’assistance à la mort, ce sont en majorité des rentiers qui l’exercent. Ils apportent aux patients la substance létale, mais ce n’est pas leur seule tâche. À la gare de Zurich, Jürg Billwiller attend le train pour Berne. Il participe à un programme de formation d’accompagnement au suicide mis en place par EXIT. Au côté de sa mentor Doris Wartenweiler, il doit aider aujourd’hui un patient à se suicider. C’est la deuxième fois. «Je suis nerveux», reconnaît ce solide retraité. Une équipe de l’émission Reporter de la télévision suisse alémanique SRF l’a accompagné durant ce voyage. Immédiatement après avoir la mort du patient, il lui a raconté comment cela s’est passé. Plus de 40 personnes sont enregistrées chez EXIT comme accompagnatrices ou accompagnateurs. La plupart sont des retraitées ou des retraités de plus de 65 ans. Entretemps, Jürg Billwiller a lui aussi terminé sa formation…

La numérisation touche désormais aussi les aides de ménage

Trois clics et l’aide tant attendue pour faire le ménage apparaît à la porte. C’est la promesse d’une start-up créée il y a à peine six ans, mais qui aujourd’hui fournit déjà du travail à deux mille personnes en Suisse. Un changement de stratégie a par ailleurs permis de répondre aux critiques d’«uberisation». Une semaine de travail s’est écoulée. L’appartement est en pagaille, la poussière s’accumule partout et la cuisine est grasse. Dans la salle de bains, les vêtements s’empilent dans un coin et le sol est plein de taches et de cheveux. Se réveiller le samedi matin peut être un cauchemar pour beaucoup, à moins qu’ils n’appellent batmaid.ch. Fondée en 2014 par Andreas Schollin-Borg et Éric Laudet, cette start-up tire son nom du super héros de bande dessinée Batman. L’idée est née alors que Andreas Schollin-Borg vivait à New York et avait besoin de nettoyer rapidement l’appartement qu’il occupait. Il a alors cherché de l’aide sur le site handy.com. Une femme de ménage est arrivée…

Betty Bossy, l’immortelle influenceuse

La cuisinière suisse Betty Bossi, personnage imaginaire, a fait un carton pendant le confinement lié au coronavirus. Cette année, Betty Bossi a presque pris l’ampleur d’une figure comme Helvetia. Pendant la pandémie de coronavirus, elle n’a pas laissé tomber les Suisses. Quand ceux-ci, privés de restaurant, ont dû se confiner derrière leurs fourneaux, Betty Bossi a réagi. Elle a donné gratuitement accès aux fiches numériques – d’ordinaire payantes – tirées de ses 120 livres de cuisine et de pâtisserie, et a montré aux citoyens comment rôtir des burgers et confectionner du pain aux bananes. Avec des recettes garanties inratables, comme toujours. Et cela a fonctionné. Une fois de plus. Son site web a enregistré plus de dix millions de visites. En un mois. Betty Bossi et Helvetia ont un point commun: aucune des deux n’a d’existence réelle. Et pourtant, ce sont des figures suisses charistamtiques dont chacun se sent proche: Helvetia, armée de son javelot, se tient au verso des pièces…

Mia Couto: «Je suis dans un film. Et ce n’est pas un bon film»

L’écrivain mozambicain Mia Couto, qui a remporté la dernière édition du prix littéraire suisse Jan Michalski, garde de la présence suisse en Afrique un souvenir positif, de «respect pour la différence». L’auteur est isolé dans la maison à Maputo, depuis qu’il a été testé positif au Covid-19. L’année n’a pas bien commencé pour Mia Couto. L’écrivain mozambicain a été testé positif au Covid-19 une semaine avant l’interview accordée à swissinfo.ch, à distance depuis son domicile à Maputo, la capitale du Mozambique. Il ne présentait pas de difficultés respiratoires ni d’autres symptômes graves, se plaignant seulement de douleurs dans le corps, de fatigue et de peur. «Je suis dans un film. Et ce n’est pas un bon film», dit-il. Dans cette interview, Mia Couto (né en 1955) parle d’un thème central de son œuvre: l’importance de la langue. Et il rappelle le rôle central que les missionnaires suisses ont joué dans la préservation des langues indigènes au Mozambique. Fils d’immigrés…

L’initiative «anti-burqa», islamophobe ou féministe?

Plus de dix ans après l’interdiction de construire de nouveaux minarets, les citoyens suisses sont appelés à se prononcer sur une proposition visant à interdire de se dissimuler le visage dans l’espace public. Portée par des groupes de droite, l’initiative dite «anti-burqa» prévoit l’interdiction du port du niqab, ainsi que d’autres formes non religieuses de dissimulation du visage. La votation fédérale aura lieu le 7 mars prochain. La campagne se déroule sur fond d’obligation du port de masques de protection dans les lieux publics en raison de la pandémie de coronavirus. Cela ajoute une note ironique à un débat qui touche à la liberté religieuse, à la place des femmes dans la société et à la peur du terrorisme. Quels sont les enjeux? L’initiative veut interdire de se dissimuler le visage en public, notamment dans les rues, les transports publics, les bureaux, les restaurants, les magasins et les stades, sans exception pour les touristes. Toutefois, des règles spéciales…

Le bracelet suisse qui défie les géants de la tech

La start-up helvétique Aktiia vient de lancer le premier bracelet intelligent capable de mesurer la pression artérielle en continu. Une innovation qui a vu le jour à Neuchâtel et qui place la Suisse à l’avant-garde d’un marché très convoité par les géants américains et asiatiques de la technologie. Un «tueur silencieux». C’est ainsi que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) qualifie l’hypertension artérielle. Cette maladie chronique, qui augmente le risque d’accident vasculaire cérébral et de crise cardiaque, se place à la première place des facteurs de mortalité dans le monde (près de 7 millions de décès par an). Si l’hypertension peut se traiter, sa détection pose problème: aucun symptôme ni signe particulier ne permettent de savoir si on est soi-même touché. On estime ainsi qu’une personne adulte sur trois est atteinte d’hypertension, mais que la moitié d’entre elles ne le savent pas. Pour en avoir le cœur net, il faut se rendre chez son médecin ou son pharmacien, qui à…

Michel Bassand ou l’invention de la métropole lémanique

Décédé le 12 janvier dernier, Michel Bassand a marqué la sociologie urbaine de ces quarante dernières années. Professeurs au Laboratoire de Sociologie Urbaine que Michel Bassand a fondé, Vincent Kaufmann et Yves Pedrazzini rendent hommage à cette grande figure de la recherche suisse. Michel Bassand laisse une œuvre considérable aux multiples facettes, tant dans le monde de la recherche que dans celui de l’enseignement. Plus important encore, Michel Bassand fut un éclaireur dans le labyrinthe de nos sociétés urbaines, les professionnels de l’espace urbain, de l’environnement construit, sociologues autant qu’architectes ou ingénieurs, lui devant, souvent sans le savoir, nombre de concepts importants de leur vocabulaire. Sa définition de la métropolisation basée sur ses recherches et études menées en Suisse et à l’étranger (dont le Vietnam) aura garanti des solides bases méthodologiques et conceptuelles. Michel Bassand, c’est une œuvre scientifique d’abord, exposée au travers de 25…

«Prendre position est un poison pour la neutralité»

La neutralité est plus importante que jamais, estime la conseillère nationale de l’Union démocratique du centre (UDC, droite conservatrice) Yvette Estermann, car la Suisse ne peut jouer les médiateurs et promouvoir la paix que si elle ne se positionne pas. Yvette Estermann est née en 1967 dans l’ancienne Tchécoslovaquie. Elle a étudié la médecine à Bratislava avant de s’installer à Kriens, dans le canton de Lucerne, en 1993. Elle est aujourd’hui conseillère nationale (Chambre basse du Parlement), élue de l’Union démocratique du centre (UDC, droite conservatrice). Elle est membre de la commission de politique extérieure depuis 2007. L’origine de la neutralité suisse remonte au 20 novembre 1815, à la suite du «Congrès de Vienne». Ce jour-là, la Suisse a obtenu des grandes puissances un acte de reconnaissance et de garantie de sa neutralité perpétuelle. Depuis, la Confédération s’est toujours plus ou moins arrangée avec cette neutralité. Lors de la guerre franco-prussienne de 1870…