L’Aromat, de la Suisse aux townships du Cap
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Extrait : Menacé en Suisse, l’Aromat s’est imposé en Afrique du Sud depuis des décennies, sur les étals de rue comme dans les cuisines familiales. Reportage au Cap, où ce mélange d’épices a trouvé une nouvelle patrie. L’Aromat embaume l’air, mêlé aux odeurs de viande grillée et d’épis de maïs rôtis. La fumée du charbon se confond avec la poussière soulevée par les taxis-minibus sur Washington Street. Il est midi à Langa, le plus ancien township du Cap, en Afrique du Sud. Au «Jordan Ways of Cooking», les basses de l’amapiano font vibrer les murs. Dans la cuisine, entre casseroles, couteaux et louches, trône un seau en plastique jaune. Un kilo d’Aromat. «À vrai dire, je n’en aurais pas besoin», confie Ntlalo Jordan. À 35 ans, ce chef a travaillé dans des établissements cinq étoiles à Dubaï, au Libéria et au Soudan avant de réaliser ici son rêve d’ouvrir son propre restaurant. Les épices fraîches sont sa spécialité, et il prépare lui-même ses marinades. «Mais les clients en demandent. Alors on …