Catégorie : Suisse

Les cent ans du Test de Rorschach, cette radiographie de l’Inconscient

Il y a tout juste un siècle, le psychologue suisse Hermann Rorschach publiait un test promettant de révéler les profondeurs de l’esprit humain. Comment? Par l’observation de personnes décrivant une sélection choisie de taches d’encre. Le Test de Rorschach a fait sa place partout dans le monde: en terrain guerrier, au travail et dans la pop culture. Au paroxysme de la Guerre froide, le front se trouvait aussi dans nos têtes. Le gouvernement américain appuyait les efforts visant à sonder les profondeurs de «l’esprit soviétique», «l’esprit africain», «l’esprit non européen» et autres. L’une de ses armes fatales était une technique suisse à la pointe de la psychologie d’alors. Un outil destiné à révéler le caractère et la personnalité de sujets pouvant appartenir à des cultures très dissemblables: le Test de Rorschach. La période entre 1941 et 1968 a vu publiés quelque cinq mille articles comportant des recherches au moyen de ce test. Elles portaient sur des peuples allant des Indiens…

Suffrage féminin: la Suisse manque-t-elle de manageuses en raison d’un réveil tardif?

La politique est un bon tremplin pour lancer sa carrière dans le privé. Mais les Suissesses n’y avaient pas accès voici cinquante ans encore. Un facteur parmi d’autres prouvant leur sous-représentation parmi les postes de cadres. Les Suissesses ne peuvent élire et voter que depuis 50 ans. Cette donnée expliquerait que moins d’un tiers des postes de cadres sont aujourd’hui occupés par des femmes en Suisse, selon l’Organisation internationale du travail (OIT). Leur marginalisation en politique les aurait prétéritées? L’administration et les partis politiques jouent le rôle de formateurs pour les cadres en Suisse. En effet, il n’est pas rare de retrouver d’anciens édiles à des postes à responsabilité dans le privé après leur passage en politique. Leur habilité à gérer les dossiers et leurs carnets d’adresses plaident en leur faveur. L’imbrication entre élites politique, économique et parfois militaire fait d’ailleurs depuis longtemps partie du paysage suisse, ainsi que l’a…

Panneaux solaires: altitude stratosphérique et rendements record pour la Suisse

À Neuchâtel, on fabrique des panneaux solaires qui vont voler à 20 km d’altitude avec une mission météorologique française. On met également au point des cellules parmi les plus performantes au monde, qui devraient contribuer à faire redémarrer l’industrie photovoltaïque en Europe. Dans le bourdonnement constant des chambres climatiques où les matériaux sont mis à rude épreuve, les techniciens du Centre Suisse d’Électronique et de Microtechnique (CSEM) s’affairent au montage des panneaux solaires qui dans quelques mois s’envoleront pour la stratosphère. Ici, à deux pas du lac, à l’entrée de la ville de Neuchâtel, le passé et l’avenir se rencontrent. À ma gauche, le Laténium et son parc archéologique, témoins de la civilisation dite lacustre; à ma droite, l’Innoparc, qui abrite un des sites du CSEM, haut lieu de la recherche et développement pour les micro-, nano- et autres technologies d’aujourd’hui et de demain – dont le photovoltaïque. Ici, on travaille à l’encapsulation de…

«Les nouveaux bâtiments devraient produire l’électricité qu’ils consomment»

L’énergie solaire est en forte croissance dans le monde et 2020 a été une année record pour le photovoltaïque en Suisse. Mais il faut encore intensifier les efforts si le pays veut atteindre ses objectifs énergétiques et climatiques, affirme Markus Chrétien, directeur de l’association Solarspar, un des pionniers du solaire en Suisse. Interview. En dix ans, le prix de l’énergie solaire a chuté de 90% et elle est désormais «la forme d’électricité la moins chère de l’histoire», indiquait en octobre 2020 l’Agence internationale de l’énergie. Cette chute des prix a favorisé la progression du solaire également en Suisse, où il fournit aujourd’hui 4% de l’électricité – alors que cette part n’était que de 0,1% en 2010. Dans le cadre de la Stratégie énergétique 2050, la Suisse s’est engagée à remplacer l’énergie nucléaire pas les renouvelables, en misant en particulier sur le photovoltaïque. «L’avenir est dans les communautés d’autoconsommation», affirme Markus Chrétien (*), directeur de…

Le revers des sanctions internationales

Des États neutres comme la Suède, l’Autriche ou la Suisse se font concurrence sur le terrain des «bons offices». Or imposer des sanctions internationales écorne l’image de ces pays. La Suisse garderait une longueur d’avance. En 2014, au début de la crise en Ukraine, la Suisse ne s’associa pas aux sanctions décrétées à l’encontre de la Russie. Tout en condamnant l’annexion de la Crimée, le Conseil fédéral (gouvernement) avait alors expliqué que la Suisse tenait à préserver intact son rôle d’interlocutrice. D’autant qu’elle présidait l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE). Un autre pays neutre, l’Autriche, certes peu enthousiaste, avait alors suivi l’Union européenne (UE) en appliquant les sanctions. Mais quatre plus tard, cette dernière s’était abstenue d’expulser – contrairement à de nombreux pays européens – des diplomates russes à la suite de l’empoisonnement de l’ancien agent du renseignement Sergueï Skripal. Officiellement, Vienne avait déclaré…

L’Europe reste le continent de prédilection des Suisses de l’étranger

De nouvelles statistiques affinent le portrait-robot des Suisses vivants à l’étranger. Pour l’essentiel, la situation reste stable: les Suisses expatriés résident essentiellement en Europe, en particulier en France. Les chiffres 2020 livrent toutefois une information inédite: l’air extérieur semble particulièrement bien profiter aux centenaires. Selon la dernière statistique des Suisses de l’étranger de l’Office fédéral de la statistique (OFS), plus d’un Suisse sur dix vivait en dehors des frontières nationales à la fin 2020. Plus précisément, 776’300 ressortissants suisses étaient inscrits auprès d’une représentation suisse à l’étranger, soit une hausse de 0,7% par rapport à 2019. À noter que parmi eux, 207’375 sont inscrits sur les registres électoraux et peuvent donc participer aux votations et aux élections en Suisse. Pas trop loin de la mère patrie La répartition géographique reste la même au fil des ans. La grande majorité des Suisses de l’étranger (63%) résident sur…

Fait-on rire de la même manière à Montreux et à Abidjan?

Le Montreux Comedy vient d’ouvrir à Abidjan, en Côte d’Ivoire, le premier Comedy Club d’Afrique francophone, le Dycoco. Une expansion qui illustre l’intérêt croissant pour l’humour et le stand-up en Suisse et sur le continent africain. Interview croisée de deux humoristes, un Suisse et une Ivoirienne. Le Montreux Comedy Club est devenu, depuis sa création en 1989, une référence incontournable sur la scène de l’humour francophone. La manifestation vaudoise a désormais une antenne à Abidjan, en Côte-d’Ivoire. Son fondateur et directeur, Grégoire Furrer, est également à la tête de la salle de spectacle du Dycoco, un lieu de formation qui «incarne parfaitement les ambitions de son groupe en Afrique francophone». Mais comment devient-on humoriste en Suisse et en Côte d’Ivoire? Les difficultés sont-elles les mêmes? Et fait-on rire de la même manière à Montreux ou Abidjan? Éléments de réponse avec l’étoile montante de la scène de l’humour suisse Mirko Rochat, 38 ans, et l’humoriste…

C’était l’homme le plus électrisant de Suisse

Le nom de Thomas Edison nous dit quelque chose à tous. Mais pratiquement personne ne connaît celui de son principal collaborateur John Krüsi, élevé dans un orphelinat d’Appenzell Rhodes-Extérieures. La naissance de Johann Heinrich Krüsi fut un déshonneur. C’est du moins ainsi que la virent en 1843 les autorités d’Appenzell Rhodes-Extérieures, car sa mère Juditha Krüsi l’avait engendré hors mariage. Pire, elle avait commis l’erreur capitale de poursuivre le père présumé. On ne sait pas si elle espérait ainsi obtenir le mariage, ou du moins un avantage pour son fils. Ce qui est sûr, c’est que le tribunal lui donna tort et la condamna à quatre semaines de prison et vingt coups de bâton pour «fausse recherche en paternité, déclarations calomnieuses et allégations mensongères auprès des autorités». Le «déshonneur», soit Johann Krüsi, lui fut enlevé. À l’âge d’un mois, le bébé est placé à l’orphelinat de Speicher, canton d’Appenzell Rhodes-Extérieures, où il va grandir sans mère ni…

Scènes vides… poches vides?

La Suisse veut préserver sa vie culturelle durant la pandémie. Pour ce faire, certains cantons attribuent au secteur de la culture des compensations forfaitaires. Tous les espoirs sont-ils satisfaits? La culture suisse est diverse. Mais aussi longtemps que les théâtres et salles de concert garderont portes closes, les actrices et acteurs de ce secteur resteront dépendants de soutiens. Toute la bureaucratie qui a vu le jour depuis le début de cette crise pour garantir leur survivance est, elle aussi, très diversifiée. Chaque canton a édicté des directives et ordonnances en la matière. Outre les requêtes pour les cas de rigueur, d’autres mannes se sont offertes pour permettre au monde culturel d’assurer sa survie. Mais nombre d’associations sont assaillies d’appels pour démêler la jungle actuelle des formules de soutien. «Il est très compliqué d’avoir de la cohérence avec toutes ces mesures. A fortiori, si on les modifie toutes les deux semaines», constate Sandra Künzi, présidente…

Qu’advient-il lorsque Google joue avec l’éthique?

Les géants du numérique – notamment Google – n’auraient pas tout à fait conscience du pouvoir qu’ils confèrent à leurs outils dotés d’intelligence artificielle (IA), selon plusieurs chercheurs en Suisse. La récente mise à pied d’une experte en éthique de Google relance le débat sur la prise en compte par les GAFAM d’un code moral dans le domaine de l’IA. «Les algorithmes avec lesquels nous travaillons relèvent d’abord de l’intérêt public, non d’affinités personnelles», a twitté El Mahdi El Mhamdi, unique employé de Google Brain en Europe à traiter d’IA avec les spécialistes au sein de la maison-mère. Il réagissait au licenciement en décembre de la manageuse Timnit Gebru. Composé de chercheurs de Google, le projet de recherche Google Brain vise à dupliquer les fonctionnalités du cerveau humain. Or Timnit Gebru fait précisément partie des plus grands spécialistes au monde autour des questions d’éthique de l’IA. Dans un article rédigé avec d’autres experts, elle a alerté sur les…