Catégorie : Suisse

La Suisse en mode Covid-19

Cela fait un an que la population suisse vit à l’ombre des restrictions liées au coronavirus. Illustrations photographiques d’une nouvelle séquence de l’histoire suisse, synchrone avec l’ensemble du monde. Le 16 mars 2020, le gouvernement suisse a réagi à la pandémie naissante en décrétant l’état d’urgence sanitaire le plus élevé, celui de «situation extraordinaire», plaçant le pays en semi-confinement dès le lendemain à minuit. Le Conseil fédéral interdisait tous les événements privés et publics, et fermait les restaurants, les bars, les lieux de culture et les magasins, à l’exception de la distribution alimentaire et des pharmacies. La galerie suivante montre comment la Suisse s’est adaptée à la pandémie entre janvier et mai 2020. Au cours de ces mois, nos rédacteurs photo ont sélectionné les images les plus révélatrices de ce moment dans tout le pays: Les mesures de confinement ont été assouplies, puis rétablies en fin d’année. Le 12 mars 2021, le gouvernement a averti…

Face à l’inflation négative, la banque centrale suisse peut agir

Professeur de macroéconomie à l’Université de Bâle, Yvan Lengwiler réclame de la Banque nationale suisse (BNS) une réorientation de sa politique monétaire. Avec deux confrères, l’économiste vient de lancer un observatoire de la BNS. «Oser critiquer la BNS, c’est pour beaucoup cracher dans la soupe.» Avec deux éminents collègues, Yvan Lengwiler s’y risque avec la création d’un observatoire de la BNS. L’objectif est de contribuer à élargir le débat sur la banque centrale helvétique. Banque nationale Les banques centrales comptent parmi les institutions nationales les plus influentes. Cela vaut pour la Banque nationale suisse (BNS) comme pour la Banque centrale européenne (BCE) et la Réserve fédérale américaine (Fed). Dans son podcast baptisé Geldcast, Fabio Canetg dialogue avec ses invités issus des mondes académique et politique et de l’industrie financière à propos des stratégies monétaires internationales et leurs conséquences. Que s’est-il passé depuis? En septembre 2011, la…

Corine Moinat: «Je ressens dans la population une très forte envie de voyages»

La pandémie touche de plein fouet l’Aéroport international de Genève, deuxième plus grand aéroport du pays après celui de Zurich. C’est dans ce contexte tendu que Corine Moinat, présidente du Conseil d’administration de cet établissement public autonome, a reçu SWI swissinfo.ch pour passer en revue sa stratégie. Corine Moinat préside le Conseil d’administration de l’Aéroport international de Genève depuis janvier 2015. Franche et directe, elle est la première présidente de l’histoire de cet établissement public autonome – propriété de l’État de Genève – à ne pas être issue du gouvernement genevois. L’Aéroport de Genève emploie un peu plus de 1000 collaborateurs et sa plateforme aéroportuaire héberge quelque 200 autres entreprises totalisant environ 11’000 employés. Avant de présider aux destinées de cet aéroport, Corine Moinat a occupé diverses positions de cadre supérieure au sein de Migros, un groupe incontournable en Suisse dans le secteur de la grande distribution. Elle a…

Pourquoi les Suisses de l’étranger dépensent une fortune pour leurs frais bancaires

Plus d’efforts, plus d’organisation, plus de risques: tels sont les motifs avancés par les banques helvétiques pour justifier les frais de compte élevés des Suisses de l’étranger. Mais ces arguments sont-ils valables? «Comme vous le savez, les transactions bancaires avec des clients résidant hors de Suisse sont soumises à un nombre croissant d’obligations réglementaires et fiscales», écrit la Banque cantonale vaudoise à sa clientèle étrangère. Aussi, pour pouvoir faire face à ces coûts supplémentaires, les frais de compte mensuels des Suisses de l’étranger grimperont de 20 à 30 francs. Frais triplés dans le meilleur des cas La Banque cantonale de Genève (BCGE), qui mène une politique de frais avantageuse envers les Suisses de l’étranger, augmente également sa cotisation annuelle de 8 francs, laquelle passe ainsi de 108 à 116 francs. Avec ce montant, l’institution demeure la moins onéreuse. Les frais facturés aux Suisses de l’étranger y sont, certes, trois fois plus chers que ceux…

Un tournant dans l’activisme politique en Suisse

64,4%: le «non» du peuple suisse à l’identité électronique est une défaite cuisante pour le gouvernement et le Parlement suisses. Mais surtout, ce verdict met en évidence la montée en puissance des activistes numériques. Le Parlement et les partis feraient bien de la prendre au sérieux. Généralement, les autorités s’en sortent plutôt bien lorsqu’il s’agit de faire voter leurs lois. Elles l’emportent dans six cas sur dix. Mais si l’on considère la présente législature, entamée fin 2019, le gouvernement en est déjà à sa troisième défaite sur sept consultations référendaires, la dernière en date étant justement le vote sur l’eID du 7 mars. Avec 64,4% de non – presque les deux tiers des votants -, le score est inhabituellement élevé. Dans les dix dernières années, on n’avait vu que deux fois un refus plus massif. Un sondage après la votation a montré que le «non» venait avant tout des classes moyennes et inférieures et qu’il avait été porté par des gens qui se méfient de la politique.

Malgré la crise, les étudiants étrangers aiment toujours la Suisse

En dépit de la pandémie, on continue d’affluer de l’étranger pour fréquenter les hautes écoles suisses, dont la renommée demeure intacte. Mais les étudiants doivent se frotter à de nouveaux défis. Lorsqu’en août dernier, Guiseppe Gruttad’Aruria a débarqué à Fribourg (ouest de la Suisse), cet étudiant italien en Master a pu constater avec satisfaction que les restrictions sanitaires avaient été assouplies. Dès le semestre d’automne, les universités suisses ont en effet pu rouvrir avec port du masque et distanciation sociale obligatoires. Pour préparer convenablement son semestre, il a pu suivre au préalable un cours de français tout en se familiarisant avec sa nouvelle région. Il a même pu se faire de nouveaux amis. Mais en novembre, tout a été chamboulé. Pour la seconde fois en une année, les universités suisses ont dû recourir à l’enseignement à distance pour faire face à la deuxième vague de la pandémie touchant l’ensemble de l’Europe. Mais cette nouvelle donne n’a pas…

Ignaz Troxler, l’inventeur oublié de la Suisse moderne

Si la Suisse présente un système parlementaire très proche de celui des États-Unis, ce n’est pas le fruit du hasard. C’est essentiellement dû à l’influence d’un homme: Ignaz Paul Vital Troxler. Dans une biographie, l’historien Olivier Meuwly revient sur le rôle de ce grand penseur du 19e siècle, injustement tombé un peu dans l’oubli. On a coutume de dire que la Suisse et les États-Unis sont deux «Républiques sœurs». Mais pourquoi au fait? Outre que les deux pays ont longtemps compté parmi les rares démocraties dans un monde occidental largement monarchique, c’est également parce que les deux nations présentent des systèmes politiques assez similaires. Le système bicaméral helvétique, avec son Conseil national qui représente le peuple suisse et son Conseil des États qui représente les cantons, rappelle clairement le système américain, avec sa Chambre des représentants et son Sénat. Et pour cause, puisque les créateurs de l’État fédéral de 1848 se sont inspirés du modèle politique…

Coupeur de viande le jour, découpeur de papier le soir

Les clients du restaurant Hüsy à Blankenberg, dans le canton de Berne, peuvent être attirés par l’odeur des côtelettes d’agneau. Mais bien plus certainement, c’est sur les magnifiques découpages en papier en forme de dentelle accrochés aux murs que se portera leur attention. Enfant, vous avez peut-être fait des flocons de neige en pliant et en découpant des morceaux de papier. Mais Hans-Jürgen Glatz porte cette technique, à l’origine asiatique, à un tout autre niveau et produit des œuvres d’art en noir et blanc incroyablement complexes qui apportent une aura de sérénité à son restaurant. Il y a plus de 30 ans, Hans-Jürgen Glatz, originaire de la Forêt-Noire en Allemagne, a fait la connaissance d’une Suissesse sur les rives du lac de Thoune dans l’Oberland bernois. Cette rencontre a débouché non seulement sur un mariage, mais aussi sur une seconde carrière de découpeur de papier. Aujourd’hui propriétaire et chef de cuisine du restaurant, il est également membre du comité de…

Genève montre le film dont Pékin voulait que personne ne le voie

Ce week-end, le film «Coronation» d’Ai Weiwei est à l’affiche du Festival sur les Droits Humains de Genève. Une première pour ce documentaire choc sur les premiers mois de la pandémie à Wuhan. Rencontre avec l’artiste, par ailleurs bien pessimiste sur l’avenir de la démocratie. «Le monde ne saura probablement jamais ce qui s’est réellement passé à Wuhan il y a un peu plus d’un an», avertit l’artiste chinois Ai Weiwei, qui vit désormais au Portugal. Son film «Coronation» offre une fenêtre rare sur la crise sanitaire en Chine: le black-out initial, le chaos dans un système de santé mal préparé et les plus de trois mois de confinement de la ville de Wuhan, coupée du monde et laissée à elle-même. Le film n’a encore jamais été montré en public, ni en streaming sur les principales plateformes. Et ceci, selon son réalisateur, en raison de la pression politique chinoise sur l’industrie mondiale du film. Les Suisses, eux, n’ont pas cédé aux pressions. Le film d’Ai Weiwei est programmé ce…

Le réseau suisse du roi de la cocaïne

Comptes bancaires, sociétés et investissements immobiliers: de la Suisse romande à Zurich, voici comment un clan bulgare a blanchi les millions de la cocaïne en Suisse. Federico Franchini, Gotham City* Février 2006, frontière franco-espagnole. Un entrepreneur valaisan, amateur de lutte, est arrêté pour un contrôle. 2,5 millions d’euros en liquide sont retrouvés, cachés dans sa voiture. Il s’agissait d’argent sale contrôlé par Evelin Banev, connu comme le «roi de la coke», un ancien lutteur devenu le chef d’une puissante organisation criminelle. Le Valaisan s’était rendu à Barcelone sur les instructions d’un de ses employés, G.K., un Bulgare également ancien lutteur, qui vivait en Valais depuis des années et était un ami d’enfance d’Evelin Banev. La mission était simple: transporter l’argent en Suisse en échange de 20’000 euros. Mais tout ne s’est pas passé comme prévu. En 2017, le Valaisan est la première personne condamnée en Suisse dans le cadre de l’enquête sur la…